Colère à l'hôpital de Huy.

Le PTB soutient le personnel hospitalier contre les restrictions budgétaires, pour défendre la qualité des soins aux patients.

Arrêt de travail ce vendredi 22 décembre matin au CHRH (Centre Hospitalier Régional de Huy), où la colère mêlée d'écoeurement grandit parmi le personnel hospitalier.

Le Conseil d'Administration a en effet, sans aucune concertation avec les organisations syndicales, approuvé, à l'unanimité, le budget 2018 qui comporte des mesures visant à combler un déficit de 2 millions €. Ceci, déjà, est contraire à la loi qui exige une concertation.

Colère donc contre le passage en force du CA qui, en principe gestionnaire de l'hôpital dans tous ses aspects, privilégie la gestion financière au détriment de la gestion humaine.

Ce conseil est pourtant composé essentiellement de représentants des partis politiques de la région hutoise qui proclament à tout vent leur engagement des uns et des autres au service de « l'humain » !

Et pourtant ! Déficit de 2 millions ? Qui va le combler ? Encore une fois les « moyens humains », le personnel soignant !

Le flou artistique subsiste sur la baisse en équivalents temps plein que cela va représenter parmi le personnel.

Dans les services, sur le terrain, les mesures de baisse du cadre sont très mal ressenties, et le personnel de terrain accorde peu de crédit aux annonces rassurantes de la Direction de « ne pas toucher à l'emploi », voyant autour d'eux grossir le nombre de « départs » prévisibles.

Le personnel hospitalier est à bout : fatigue, stress, burn out, traitements médicamenteux individuels deviennent de plus en plus fréquents.

« Nous ne sommes pas là pour ça ! » proclame la délégation syndicale. 

« Nous sommes là pour continuer un travail professionnel de qualité et ce quelque soit notre place dans la chaîne des soins. »

L'hôpital, c'est les médecins bien sûr, mais l'hôpital, c'est les infirmièr-e-s de salles, les aide soignant-e-s, les femmes d'ouvrage, les surveillant-e-s, les employés des bureaux, etc quelle que soit leur affectation aux niveaux médical, para médical, hôtelier, etc.

Et les schémas du CA comme quoi il y aurait des postes faciles ne tient pas : la surveillance par exemple est un poste difficile de responsabilité et stressant. Ou les femmes d'ouvrage ! Peut-on imaginer un hôpital sans femmes d'ouvrages ? Et ce sont souvent elles qui reçoivent en première ligne les doléances de patients mécontents et certainement pas ces messieurs du Conseil d'Administration !

Mais toutes ces charges psycho sociales, qui handicapent un travail de qualité au service des patients, le Conseil d'administration ne veut pas les voir  et ne les connaît pas. Comptables, et pas gestionnaires, ils ne voient que la finance... ,et pour le reste, ils se bouchent les oreilles.

Et s'ils annoncent une progression des activités pour les années à venir, et donc un retour de ressources via les honoraires des médecins, qui vont courir encore plus de chambre en chambre pour assurer plus de soins avec moins de monde, qui va trinquer pour réaliser le surplus d' examens, qui va galoper encore plus pour assurer hygiène et propreté partout ?

Le gouvernement Michel et sa ministre de la Santé, Maggie De Block n'ont pas - c'est évident -comme priorité les soins de santé des hôpitaux publics mais au contraire, d'y faire des « économies » en y provoquant, au moyen de la suppression de subsides, des déficits, de manière à forcer la réduction de budgets !

Et le Conseil d'Administration qui devrait avoir, lui, cette priorité des soins de santé, semble en bon « comptable », paradoxalement, emboîter le pas à ce gouvernement. Que la plupart de ses membres, par ailleurs, fustigent comme anti social ! Bel exemple d'enfumage et de double discours !

En plus, il exige une délégation syndicale aux ordres : il n' a pas voulu de concertation avant de proposer son plan de budget 2018 : tout a été décidé unilatéralement : « il n'y a plus rien à discuter ou à changer ». Pourraient être discutées éventuellement, uniquement, les modalités d'application de l'organisation des services.

Soumission de syndicats aux ordres, management répressif par la pression sur les trop fortes têtes, la politique sociale du Conseil d'Administration du CHRH s'apparente plus à celle de patrons, sortes de tiroir caisses en blouse blanche, plus qu'à une démarche de mandataires publics soucieux de santé publique, du bien être de leurs concitoyens, et du respect de conditions de travail dignes pour tout le personnel hospitalier, condition sine qua non pour garantir la qualité des soins aux patients, soucieux aussi du respect des organisations syndicales.

Rendez vous est donc pris pour début janvier, en récoltant le maximum de données sur le nombre de départs prévisible, en évaluant ainsi l'impact réel des restrictions budgétaires. En se mobilisant, s'il le faut, par un nouvel arrêt de travail avant toute rencontre avec la direction.

Remarquons par ailleurs que c'est le 2ème NOEL DE COMBAT que traversent les 1200 travailleurs du CHRH qui auraient pourtant bien droit, comme tout un chacun, à vivre les fêtes en famille ou au travail, dans la joie et la sérénité ...

En décembre 2016 déjà, après avoir voulu, de façon purement provocatrice, suspendre en novembre les chèque repas du personnel (comment ont ils osé !?) pour faire face à une condamnation de 1,2 million d'€ (*), la direction avait cristallisé la confrontation sociale sur des modifications d'horaires décidées unilatéralement, établies déjà alors, en dehors de la concertation sociale avec les syndicats.

* ce remboursement avait par la suite tout simplement été payé en empruntant la somme, ce que tout un chacun aurait fait pour faire face à une dépense imprévue, sans aller piquer dans la poche du travailleur.

Pourtant, avec le modèle kiwi proposé par le PTB, d'importantes économies pourraient être réalisées dans les soins de santé, en maintenant la qualité des soins et sans mettre la pression sur le personnel.

La généralisation du modèle kiwi (pour tous les médicaments hors brevet et pour les médicaments qui sont encore sous brevet, mais pour lesquels deux ou plusieurs solutions existent) rapporterait au moins 1,5 milliard d’euros.

Le modèle kiwi est l’une des mesures du PTB en matière de santé. Sur trois grands axes, le parti de gauche propose un plan pour économiser 4,8 milliards d’euros :

  • Le modèle kiwi appliqué aux médicaments économise 1,5 milliard d’euros à la sécurité sociale. Appliquer le même système aux appareils et autres matériels médicaux rapporterait encore 0,5 milliard d’euros.
  • On peut également économiser sur les rémunérations faramineuses des spécialistes. En généralisant le système de paiement des hôpitaux universitaires, notre assurance maladie économiserait 2 milliards d’euros.
  • Éviter les examens superflus dans les hôpitaux en supprimant le « paiement à la prestation ». Cela rapporterait 0,8 milliard d’euros.

Ces 4,8 milliards, le PTB entend les réinvestir intégralement dans les soins, avec notamment :

  • 250 millions d’euros pour assurer la gratuité de la visite chez le médecin ou à la maison médicale.
  • 2,05 milliards d’euros dans des crèches, des maisons de repos et de soins, dans les soins pour handicapés et dans les soins de santé mentaux.
  • 1 milliard d’euros dans de nouveaux emplois liés aux soins.

Pour plus d'information : https://ptb.be/articles/le-modele-kiwi-pour-les-nuls

HABITANTS DE HUY, MARCHIN, WANZE, AMAY et de toute la région, le CHRH est NOTRE hôpital, notre bien public à tous.

Et son personnel, ce sont outre bien sûr les médecins, des hommes et des femmes, infirmier-e-s, aide soignant-e-s, employé-e-s, technicien-ne-s, femmes d'ouvrage, que hospitalisés ou visiteurs nous côtoyons à tout moment et qui par leur travail professionnel de qualité, par leur dévouement, par leur humanité, jour et nuit, sept jours sur sept, assurent que nous, nos seniors et nos enfants, y soyons bien soignés .

Pour eux, comme pour nous, les soins de santé de qualité sont une priorité. 

Soutenons les, soyons solidaires de leur combat !


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